Ici aussi, c'est la fête de Sainte Marie!
Cependant, celle-ci est un peu spéciale: c'est Sainte Marie da Boa Morte, autrement dit, "de la bonne mort".
Pendant plusieurs siècles, le Brésil était catholique, mais pas pour tous. Les Esclaves, eux, n'avaient ni le droit d'entrer dans les églises, et encore moins d'être enterrés.
Cachoeira, petit village colonial né de la culture de la canne à sucre avait beaucoup d'esclaves. Les coutumes africaines de ces derniers les obligeait déjà à être enterrés, afin d'éviter la damnation.
Encore une fois, contraste et dilemne, ce qui amène à un déchirement certain: classique au Brésil, où le syncretisme est présent à tous les coins de rues.

(ici des représentations d'Orixas, divinités du Candomblé, sur les planches d'un chantier)
Heureusement "Marie est arrivééée!"
Elle est apparue, puis a transmis le message suivant:
"v'la les gars, si vous êtes pas enterrés, c'est pas vot' faut'. J'par'lrai au fiston pour qu'il vous arrang' le truc. Par contre, va falloi' me fai' une 'tit fête, avec une procession, tout ça tout ça hein. j'cont' sur vous hein!?"
Depuis deux cents ans, une confrérie existe, et tous les ans organise la dite procession en honneur à la gentille dame. Ce qu'il faut pas faire pour ne pas être damné!
- La Procession

Suivie de très près par les doyennes de la confrérie: les Soeurs de la Bonne Mort

Voilà la Sainte qui arrive, accompagnée de la foule, qui se joint au fur et à mesure à la procession.

Elle est portée par des volontaires, qui se relaient tout au long de la manifestation.

(oui oui, ce sont des vrais cheveux)
Etant au Brésil, une fête sans musique n'est pas vraiment une fête. Alors les fanfarres de toutes les écoles de la région vienne apporter plein de bonne volonté.

(oui, oui, avec des pinces à linge)
Nous étions bien chaperonnés, puisqu'accompagnés de deux perles de l'Education Nationale:
Dominique (gauche - Biologie) et Muriel (droite - Allemand).

Dommage qu'on ait pas eu des profs comme ça!
Voyez les fleurs, elles sont censées être données en offrande à Marie, après la procession.
Seulement qu'à la fin, les fleurs dans la main, les filles ont cherché à les déposer sur l'autel... "mais... maiiiis..., les p'tites vieilles du village: elles pillent les fleurs de Marie!"
- Les bahiannas:

Bien évidemment, depuis deux cents ans, les Brésiliens on pris une certaine habitude de faire la fête. A la fête religieuse, se sont melés d'autres symboles de fête, comme les bahiannas, présentes dans la plupart des Carnavals à travers le pays.

Certaines bahiannas ont le privilège d'être les porte-étendarts, tradition provenant des écoles de samba, mais ça on en parlera à une autre occasion.


Au cas où vous n'auriez pas remarqué, ces somptueux costumes sont faits uniquement avec de la récup: des embalages de bierre (en rouge et jaune), de packs de jus de fruit (en bleu) , de pâtes (en bas à gauche) ou de café (en bas à droite).

Pas mal non!?!? Voilà du recyclage intelligent!
- Petites Curiosités

Et dès qu'on sort de l'église, une fois la dévotion terminée... BATUCADA!

Pour les plus curieux, on a fait un petit montage vidéo:
cliquez ici
Merci encore à "Domi" et "Mumu", on a passé une super journée en votre compagnie les filles.

Domi, la prochaine fois, enleve les RayBan pour la photo!
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